Retour sur AquaHacking

19 octobre 2016

La semaine dernière a eu lieu le sommet AquaHacking clôturant ainsi plusieurs mois de développement de nouvelles solutions technologiques dans le cadre du défi AquaHacking. Retour sur ce qui sera sans doute un des événements marquants de l’année en matière de données et de participation citoyenne.

Après s’être penché en 2015 sur la rivière des Outaouais, l’édition 2016 de AquaHacking s’intéressait au Saint-Laurent et se voulait un moyen pour reprendre contact avec notre fleuve et évaluer le potentiel des nouvelles technologies pour mieux le connaître et le préserver. Après un appel à projet à la fin de l’hiver, près d’une trentaine d’équipes, principalement à Montréal et à Québec, se sont attaquées à différents sujets allant de la qualité de l’eau à la découverte des attraits récréotouristiques.

En tant que partenaire de l’événement, la Ville de Montréal a fourni plusieurs ensembles de données ainsi qu’un support en mentorat de la part d’experts en eau et en environnement. D’autres partenaires proposaient des infrastructures technologiques et en tant qu’organisateur, la Fondation de Gaspé Beaubien a proposé un support opérationnel très riche aux équipes avec plusieurs événements d’information et de développement. Le choix de faire un événement sur le long terme a permis aux équipes de proposer des projets très aboutis.

Le vainqueur du Défi, le projet Info-baignade a proposé un intéressant mélange entre les données de qualité de l’eau de la Ville et des algorithmes d’apprentissage machine et d’analyse prédictive pour proposer en temps réel des indicateurs sur la qualité de l’eau du Saint-Laurent tandis que les méthodes d’analyse produisent généralement des données 24 heures plus tard. Deux autres équipes, DronoFlow et Solution to innovate, se sont hissées dans le top 5 en proposant non pas du logiciel mais des solutions physiques, à savoir un drone de collecte automatisée d’échantillons d’eau et un système visant à limiter l’érosion des berges des rivières et des fleuves.

Au-delà des innovations produites dans le cadre du défi, ce genre d’événement est également l’occasion de mobiliser les équipes internes de la ville et de favoriser les échanges avec la communauté. Le service des eaux, en particulier, a produit des ensembles de données spécifiquement pour l’événement en plus d’accompagner les équipes. Les données en question ont été rendues disponibles sur le portail de données ouvertes. Et évidemment, plusieurs des solutions développées par les équipes ont attiré l’attention des intervenants représentant la ville ouvrant la voie à des collaborations futures.

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Enfin les discussions lors du sommet ont souligné l’importance de développer une capacité à produire et traiter les données. Un panel regroupant notamment Harout Chitilian et Kat Kavanagh, directrice de Water Rangers, gagnant de l’édition 2015 de Aquahacking, a mis en évidence le potentiel des données ouvertes tout en soulignant l’effort qui demeure à faire en matière de collecte, de partage et de documentation des données. Dans un système complexe et riche comme celui du Saint-Laurent, aucun intervenant ne dispose de toute l’information nécessaire; le partage de données de qualité et adéquatement documentées est une condition incontournable pour mieux comprendre notre fleuve. AquaHacking et l’engagement de tous ceux qui y ont participé est très certainement un pas significatif dans la bonne direction.